Une fameuse journée

Réalisateur :  Jean-Marie Buchet
Scénario :  Jean-Marie Buchet
Images :  Jean-Paul De Zaeytijd
Montage :  Suzana Roosberg
Production :  Ambiances asbl
Centre du Cinéma et de l'audiovisuel de la Communauté française de Belgique
Province de Hainaut
Vlaams Audiovisueel Fonds
Interprétation :  
Louise :  Circé Lethem
Robert :  Jan Hammenecker
Suzanne :  Iris Bouche
Jean :  Serge Larivière

Disponible en BETA SP, BETA DIGIT, 35mm

Synopsis : Par une belle après midi, la maison de Louise disparait mystérieusement...

Voir aussi "Een Rare Dag"

    
Support :  35mm (Couleur)
Durée :  11 minutes
Genre :  fiction
Année :  2004
    
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Note d'intention du réalisateur

En ce temps-là, j’avais pris la résolution (elle n’a pas duré longtemps) d’écrire un court métrage tous les mois. Je ne m’étais fixé comme critères que 1°) un certain degré de faisabilité, 2°) un tournage qui ressemble plus à une partie de plaisir qu’à ce qu’on a pris l’habitude d’appeler un tournage.

En ce temps-là aussi, j’étais occupé à corriger les travaux de fin d’année de l’atelier d’écriture que je dirige à l’U.L.B. Plusieurs cinéastes, en outre, m’avaient demandé de lire leur scénario et de leur faire savoir ce que j’en pensais. Je passais donc des journées (et des nuits) à écrire des remarques extrêmement désagréables. Bref, j’étais profondément déprimé.

C’est alors que me vint la pensée de commencer à écrire un scénario à partir d’un des défauts qui revenaient le plus souvent dans les textes que je devais critiquer: Le fait que les personnages racontent ce qu’ils viennent de ou vont faire. S’il y a une règle intangible dans l’écriture scénaristique, c’est celle qui dit qu’il n’y a pas de vraies fautes dans un scénario, mais seulement des idées mal utilisées. J’ai donc essayé de me mettre délibérément dans une situation que personnellement je réprouve et cherché à voir comment m’en sortir.

Le postulat de base de cette histoire fut donc celui-ci: un personnage exécute un acte extrêmement simple et éprouve le besoin d’aller le raconter à autrui qui, à son tour, raconte à une tierce personne ce qui s’est passé etc. Mais, et ce n’est guère étonnant, il n’a pas fallu longtemps pour que mes personnages manifestent l’intention de se mettre spontanément en mouvement. A partir de ce moment, j’ai trouvé plus sage de les laisser faire. Le ressassement a rapidement pris un mode allusif. Je ne suis plus intervenu que deux fois. La première, en les privant de leur but au moment où ils pensaient l’atteindre. La seconde, en le leur rendant quand ils y avaient renoncé. Cela me permettait de les désarçonner deux fois: de les placer d’abord dans une situation extraordinaire, puis de les renvoyer au monde normal et, ce faisant, de pouvoir faire percevoir au spectateur le grouillement intérieur de ces êtres à première vue simplistes sinon arbitraires, et aussi l’importance absolue que peut prendre l’événement le moins significatif.

Cela dit, la première raison d’être de ce film est de permettre à un petit groupe de personnes de passer quelques jours paisibles à la campagne. Quand je l’ai écrite, je voyais l’action se dérouler sous un ciel serein (le soleil des films d’Ozu). En la relisant, je me suis dit que finalement elle pouvait tout aussi bien se passer par un temps maussade, voire pluvieux (ce qui poserait quand même quelques problèmes à certains moments et risque de faire basculer le film dans un surréalisme de pacotille. Enfin, on verra!

Une dernière remarque cependant. La partie “fantastique” de l’histoire repose sur un problème de champ/hors-champ. Comment faire exister le hors-champ sans le montrer, seulement à partir du champ? Il serait stupide de l’escamoter en recourant aux effets spéciaux.

Brussegem, le 16 avril 2002

Jean Marie Buchet.



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