Dunia Zâlem

Réalisateur :  Jean-Paul De Zaeytijd
Fatimata Ouattara
Scénario :  Jean-Paul De Zaeytijd
Fatimata Ouattara
Images :  Jean-Paul De Zaeytijd
Montage :  Jean Thomé
Musique :  Les musiciens de San Yiri
Production :  PBC pictures
Moi Filmer Toi
La Communauté Française de Belgique
Zorn production
La RTBF
Voix Off (française) :  Circé Lethem
Interprétation :  

Disponible en BETA SP, BETA DIGIT

Synopsis : Une jeune africaine retrouve son pays après cinq années passées en Europe. Elle est bouleversée : à chaque coin de rue, elle croise des enfants au travail. Beaucoup ont quitté leurs parents, leur village, pour venir travailler en ville. Comme elle autrefois...

Mais ce qu’elle trouvait alors normal la choque aujourd’hui. Partagée entre deux cultures, la jeune femme redécouvre sa propre enfance et porte un regard neuf et intime sur son pays, le Burkina Faso.

Ce qu'elle trouvait normal autrefois la choque aujourd'hui.

Partagée entre deux cultures, la jeune femme redécouvre sa propre enfance et porte un regard particulièment moderne sur son pays, le Burkina Faso.

Le fil rouge et la voix intérieure du film

Le film raconte l’histoire de Fatimata, une Burkinabée qui retourne au pays après cinq années passées en Europe. Elle a changé. Elle a découvert en Belgique un autre regard sur son pays, sur sa culture, sur ses traditions. En tant que narratrice de sa propre histoire, Fatimata est tantôt présente à l’image, tantôt présente en voix off. Dans l’image, elle est tantôt observatrice, tantôt protagoniste. Elle habite totalement le film de sa présence au point que les enfants d’aujourd’hui sont le reflet de sa propre enfance. La caméra est le prolongement du regard et du questionnement de Fatimata. Pour nourrir sa propre histoire, sa propre enfance, elle donne la parole aux enfants d’aujourd’hui. Le documentaire veut rendre hommage à leur courage, à tout ce qu’ils peuvent endurer pour gagner ce « droit de vivre ». Au delà des blessures, de la souffrance et des privations, nous voulons mettre en valeur la détermination des enfants, leur intelligence et aussi leur créativité, la beauté de leurs gestes. Mais avant tout on raconte une histoire. Le film n’est pas une analyse journalistique, ni un jugement définitif et arrêté sur le travail des enfants et ses statistiques. C’est l’histoire d’une vie, une vie qui évoque de l’intérieur les aspects économiques du travail des enfants et les raisons de l’absence de scolarité. C’est la narration qui porte le message. Plutôt que d’aborder de façon didactique ces thèmes nous privilégions l’impact émotionnel de l’histoire et son pouvoir d’évocation. C’est un récit émouvant, né dans la douleur de la séparation, de l’enfance perdue. Mais le courage et l’obstination de Fatimata finissent par l’emporter. Nous suivons son chemin, son retour au pays, ses rencontres, sa remise en question, sa quête de vérité.

Réalisation

Nous avons travaillé sur le terrain en petite équipe, sans installation lourde et compliquée, pour laisser le plus possible la place à la spontanéité des enfants. Il fallait se faire petit, discret, et à l’écoute des enfants. C’est rare au Burkina Faso où on laisse normalement peu de place à la parole des enfants. Il fallait les mettre en confiance, en prenant le temps, en jouant avec eux, en les accompagnant dans leur travail.

« En Afrique, quand un enfant est en présence d’un adulte, il baisse la tête et se tait. »

Au début, ce n’est pas facile de parler aux enfants. Ils ont peur parce qu’ici les adultes ne laissent pas parler les enfants. Ils ne prennent pas le temps de les écouter.

« Même à 18 ans, on dit que tu n’as pas l’âge de répondre aux plus âgés. A chaque fois, à chaque âge, on dit que tu n’as pas l’âge. Ce que les enfants ont l’âge pour faire, c’est travailler... et se taire. Ils doivent baisser la tête, ne pas regarder dans les yeux le grand qui te dit ce que tu dois faire. Si tu refuses, si tu ne le fais pas, on te frappe parce que tu n’as pas l’âge pour refuser, pour dire non. »

A travers le film, nous voulions donner la possibilité aux enfants de s’exprimer de personne à personne, d’égal à égal. Fatimata a passé son enfance à travailler comme vendeuse, comme bonne chez des patronnes, à aller chercher de l’eau, etc. Elle comprend les enfants et leurs préoccupations. Elle a été le sésame pour faire entrer la caméra dans leur intimité, mais aussi dans l’intimité et parfois le secret des familles.

Concrètement, Fatimata n’intervient qu’épisodiquement dans le cadre de la caméra. Elle est néanmoins toujours à proximité des enfants pour recueillir leurs impressions, leurs confessions, pour simplement parler avec eux de leur travail et de leurs rêves.

Pour rythmer le documentaire nous voulions laisser une place aux comptines et aux jeux des enfants. Ils sont là comme un écho aux rêves, à l’imaginaire et à la créativité des enfants, en contraste aux heures vouées au travail.

Le site du film

    
Support :  Video (Couleur)
Durée :  55
Genre :  documentaire
Année :  2009
    



Droits TV: disponibles